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We should never have to meet us…


 
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 We should never have to meet us…

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MessageSujet: We should never have to meet us… Sam 29 Nov - 6:40







We should never have to meet us…
Ft. Li Yuan.


J’avais décidé de rentrer seul, ce soir-là. D’être seul, tout simplement. De respirer.
Cela faisait depuis quelques années déjà que j’avais pour habitude de me tuer au travail, y dédiant toute mon énergie, m’y jetant corps et âme. Pour oublier, m’occuper l’esprit. Car, parfois, je venais à penser que j’étais arrivé à un point où même penser me faisait mal. Dès que je faisais taire toute l’agitation constante et frénétique qui se trouvait autour de moi, agitation dans laquelle j’étais plongé en permanence, dès que je me retrouvais confronté au silence et à la solitude, j’éprouvais l’irrépressible sensation de vide.
De vide, oui.
Et pourtant, cette nuit, j’avais besoin de ressentir cette sensation, ne serait-ce que l’espace de quelques minutes.
Mes yeux étaient rouges et gonflés, je le savais sans même avoir besoin de le vérifier. J’étais extrêmement fatigué, et ils semblaient être les deux seuls à pouvoir en témoigner. Je n’avais en tête que des séries de chiffres, closes de contrat, entretiens ; une tonne de travail achevé, mais bien une centaine encore en cours. Dossiers, rencontres, conférences, rapports…tout cela, en mon fort intérieur, m’épuisait. Il me fallait sans cesse redoubler d’assurance et de maîtrise afin de ne pas perdre ma crédibilité. Gérer l’entreprise seul n’était pas une chose aisée, et je ne savais que trop bien ce que les autres attendaient de moi ; me voir flancher. C’était sûrement ce qu’il y avait de plus détestable dans notre métier. L’hypocrisie. L’hypocrisie constante et la fourberie. Tous me souriaient ou me léchaient les bottes dans l’espoir d’obtenir ma sympathie, alors que par derrière, je les sentais cracher dans mon dos. Dans ce milieu, je n’avais pas d’alliés. Personne sur qui me reposer ou compter, personne à qui accorder ma confiance. J’étais seul et ils le savaient.
Ils le savaient tous.
Et c’était certainement ce qui était le plus difficile.
J’avais congédié le chauffeur, choisissant de prendre un bête taxi, m’emmenant dans le centre-ville. Il était assez tard, presque vingt-deux heures –comme quoi, je faisais pas mal d’heure supplémentaires- la nuit plongeant déjà les rues dans une pseudo obscurité, celles-ci étant aussi éclairées qu’en plein jour, de par les innombrables lampadaires et affiches publicitaires, polluant le paysage.
Paradoxalement, je n’aimais pas la ville. L’urbanisme –en plein essor- me semblait ruiner la vue, la transformant en une ignoble jungle de béton armé.
Malgré l’heure tardive, les rues du centre étaient bondées, prenant une allure de fourmilière géante. Je n’avais pas eu le temps de me changer, portant toujours mon trois pièces, composé d’un pantalon noir et d’une veste assortie, sous laquelle se trouvait une chemise d’un blanc crème recouverte d’un veston gris. A vrai dire, ces vêtements étaient tous sauf confortables. Sans cesse tiré à quatre épingles, il s’avérait parfois agaçant de porter de tel costume.
Fatigué, je lâchais un soupir, passant une main lasse dans mes cheveux gominés et desserrais ma cravate avant d’ouvrir les deux premiers boutons de ma chemise, me donnant un aspect plus décontracté. J’avais vraiment besoin d’air frais.
Alors que la population se faisait moins dense, je consultais ma montre, songeur. Peut-être avais-je encore un peu de temps pour aller me relaxer dans un bar avant de prendre le chemin de la maison. Soudainement, j’heurtais quelque chose de plein fouet, me faisant chanceler de deux pas en arrière. Devant moi –et à présent par terre- se trouvait l’objet de mon heurt ; une jeune fille à l’aspect fébrile qui semblait complètement secouée. De mauvaise grâce, je tendais la main vers elle pour l’aider à se relever, marmonnant une brève excuse :

« Excusez-moi, mademoiselle… »

Je me figeais aussitôt en découvrant son visage, mon sang se glaçant dans mes veines.
Impossible.

*



I swore it at that time. I will walk life that shines highest. There is no fear. It gets it over though there is a painful day too. Now let’s go. The wing expands and goes to look for freedom and the glory. The world that extends to the place waits surely for you
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MessageSujet: Re: We should never have to meet us… Dim 30 Nov - 2:34


Il était déjà tard lorsque Yuan se retrouva dehors, au beau milieu de la ville. Il était presque 22 heures. Cela faisait donc quatre heures et demi qu'il avait quitté l'école avec une camarade de classe pour terminer un travail d'arts plastiques en binôme. Cette camarade lui avait proposé de finir le travail chez lui, et il avait accepté avec plaisir. Ils avaient donc passé plus de quatre heures à se mettre d'accord sur les détails, former une esquisse et tout mettre en place. Et pendant plus de quatre heures, l'adolescent avait dû continuer à sourire, à montrer son masque qui inspirait la joie de vivre et le bonheur innocent de l'enfance. Voilà quatre heures et demi qu'il devrait être seul dans sa chambre, et laisser son masque tomber et ses larmes couler. Quatre heures et demi supplémentaires à supporter. C'était beaucoup pour lui.
Mais le travail était fini, et le jeune homme avait pu quitter son amie, refusant poliment de rester manger chez elle. Il était désormais dehors, éclairé par les lumières de la ville, le visage caressé par la douce brise fraîche de la nuit. Il était dans une partie de la ville où peu de gens se promenaient à cette heure-ci. Tant mieux, il ne voulait pas être encore entouré de gens. Il avait besoin d'air. Il ne pouvait plus tenir.
Lentement, il avança dans les rues, les yeux rivés au sol. Il évitait les lumières, ne passant que sous les lampadaires, là où son visage, tourné vers le sol, restait dans l'ombre. Il ne voulait pas qu'on le voit.
Parce que le masque était tombé.
Parce que ses lèvres et son menton tremblaient.
Parce que ses larmes coulaient le long de ses joues pâles.
Parce qu'il pleurait. Tout simplement.
Les perles salées coulaient lentement sur son visage, formant de petits sillons humides et brillants. Elles dansaient délicatement sur sa peau, telles de petits diamants, avant de venir s'échouer sur le sol. Elle devenaient alors de simples gouttes d'eau, ternes et banales, séchant doucement sur le trottoir. Mais le jeune homme ne s'y intéressait pas. Il ne s'intéressait pas à ce qui l'entourait. Il était perdu dans ses pensées. Perdu dans le souvenir de sa mère. Encore une fois. Chaque soir, son visage doux et souriant lui revenait en mémoire, empêchant la cicatrisation de la profonde plaie qui saignait son cœur à blanc depuis plus de sept ans.
Comme à chaque fois qu'il repensait à elle, Yuan sortit son portable, et se mit à regarder les photos des portraits d'elle qu'il avait fait. Son esprit tout entier se focalisa sur son écran. Occupé par son portable, l'adolescent ne vit pas l'homme en face de lui, qui marchait dans la direction opposée. Il ne se rendit compte de sa présence que lorsqu'il le percuta. Surpris, ses réflexes ne purent l'empêcher de tomber sur les fesses, se cognant la tête contre le lampadaire derrière lui. Le coup le sonna légèrement, lui donnant le tournis. Lentement, il passa une main fébrile sur sa tête, essayant de reprendre ses esprits.

- Aïe... Ma tête... gémit-il faiblement.

Ce n'est que quelques secondes plus tard, lorsqu'il entendit un marmonnement semblable à une excuse, qu'il se rendit compte que la personne qu'il avait percuté était toujours là. Une fois capable de penser clairement, il répondit à son interlocuteur.

- Non, ce n'est rien, c'est ma faute... Mais je suis un...

Il voulut dire "garçon", mais se tut en levant la tête vers l'homme qu'il avait percuté. Ce dernier semblait figé, comme s'il était choqué, ou effrayé. Yuan fut surpris. Qu'avait-il donc ?

- Heu... Vous allez bien, monsieur ?... demanda-t-il timidement. Quelque chose ne va pas ?...
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